Soutien aux activités socio-éducatives et médicales / SRA Sisters

Inde
2007 - 2015
Droits de l'enfant, Education, Santé
Education et épanouissement des enfants et jeunes « hors caste », orphelins et handicapés physiques

Project Content and comments

Description

Débuté en 2007 et se poursuivant jusqu’à présent, l’appui de la FJFP vise à améliorer les conditions d’éducation et d’épanouissement des enfants et jeunes vulnérables, majoritairement « hors caste », orphelins et handicapés physiques, dans l’Etat du Karnataka.

Il s’agit d’un soutien aux œuvres sociales, principalement éducatives et médicales, des religieuses SRA (SRA Sisters), répondant à des besoins prioritaires mis en avant par ces religieuses.

Depuis 2007 la FJFP a principalement soutenu 4 projets, distribués dans différents lieux de la région du Karnataka, en lien avec les communautés religieuses de la congrégation:

1)     Santhpur et Khanapur, de 2007 à 2010, formations socio-professionnelles pour jeunes filles handicapées physiques et hors caste, et soutien à l’éducation maternelle d’enfants « Balwadis » de familles hors caste ;

2)     Soraba, de 2010 à 2012, formation socio-professionnelles pour jeunes filles en décrochage scolaire forcé ;

3)     Honavar, en 2010 , contribution à la construction de l’hôpital rural Saint Ignace de Honavar. En outre, de 2013 à 2015, développement d’une unité de gériatrie à travers la formation de jeunes filles en décrochage scolaire forcé aux soins gériatriques et palliatifs ;4)     Santhpur, de 2012 à 2017, participation à la construction d’une école « English medium school » (en langue anglaise) en faveur d’enfants de milieux déshérités de la région.

La construction de l’hôpital mise à part, l’appui de la Fondation JFP s’est concrétisé via l’ONG Belge Enfance Tiers Monde.

 

Contexte

L’Etat du Karnataka, immense territoire dans lequel les 4 projets se développent, se subdivise en 3 parties:

- le Nord, pauvre et souffrant de sécheresse, délaissé. Il se caractérise par un taux d’analphabétisme élevé, un faible accès à l’eau potable et peu d’hygiène ; les riches propriétaires terriens, élus comme leaders locaux, oppressent les populations villageoises ;

- la région côtière et ouest Karnataka où les parents croient surtout en l’éducation des garçons et marient leurs filles très jeunes ; celles-ci, sorties très tôt de l’école, sont utilisées comme main d’œuvre pour l’agriculture, la pêche et les travaux ménagers ; Soraba, où règne la pauvreté et l’analphabétisme est éloignée des institutions d’enseignement ;

- le Sud avec la capitale de l’Etat, Bangalore, concentre toute la richesse de l’Etat.

 

Les principaux problèmes auxquels les projets soutenus par la Fondation JFP entendent réagir peuvent se résumer autour des 4 axes suivants :

•            Manque de conscience quant à l’importance de l’éducation ;

•            Difficulté d’accès à l’éducation pour les filles ;

•            Absence d’une éducation de qualité ;

•            Difficulté à trouver de l’emploi par manque de formation.

 

Durée & Localisation

Les 4 projets se développent donc dans l’Etat du Karnataka de la façon suivante :

- les projets 1 et 4 dans le Nord - Santhpur et Khanapur ;

- les projets 2 et 3 dans la région côtière et ouest - Soraba  Honavar.

Le soutien de la Fondation JFP à ces différents projets a débuté en 2012 et se poursuit jusqu’à ce jour. Un nouvel engagement de 3 ans vient d’être pris (2015 à 2017).

 

Résultats et réalisations

1.    Formations professionnelles pour jeunes filles vulnérables et hors caste, et soutien à l’éducation maternelle

Des actions de formation socio-professionnelle ont été menées durant trois ans à Santhpur (district de Bidar) et à Khanapur (district de Belgaum). Elles avaient pour objectif de dispenser une formation professionnelle de qualité à des jeunes filles et des jeunes femmes hors castes, dont certaines handicapées physiques, afin de leur permettre de s’intégrer dans la vie. Les formations portaient sur l’informatique, la broderie, la teinturerie, la coupe-couture, la fabrication de savons, l’artisanat et autres thèmes porteurs en matière d’activités rémunératrices. Des sensibilisations à la nutrition ont été organisées à l’adresse des mamans ; les parents ont également été sensibilisés aux droits de l’enfant et à l’importance de l’éducation.

En termes de résultats, les formations socio-professionnelles dispensées dans les 2 centres de formation ont bénéficié à quelque 870 jeunes filles et jeunes femmes, dont 70 handicapées physiques ; les filles ont en outre bénéficié d’un programme d’encadrement à l’autonomisation (prise en charge et emploi). 

Par ailleurs, des actions de soutien à l’éducation maternelle ont été menées dans 5 villages de Khanapur.  Ces Balwadis (écoles maternelles) sont destinées à mieux préparer des enfants de milieux défavorisés à l’école primaire. L’action a essentiellement consisté à former 5 enseignants, à équiper ces écoles en matériel pédagogique et en jeux. Dans le cadre de ces classes, les enfants ont une alimentation « nutritive » et bénéficient de fournitures scolaires adaptées à leur situation et à leur niveau. En termes de résultats, quelque 500 enfants ont bénéficié de ces classes, apprenant l’alphabet, récitant des poèmes, s’initiant, tant dans leur langue maternelle qu’en anglais.

2.    Formations professionnelles pour jeunes filles en décrochage scolaire forcé

Cette action a été menée durant trois ans à Soraba, dans le district de Shimoga.  Elle avait pour objectif la formation professionnelle de courte durée (1 an) de jeunes filles sorties de force de l’école par leurs parents pour les associer aux travaux domestiques, aux travaux agricoles ou à la pêche (ou encore pour les marier). Les formations organisées au sein de l’école technique « Amar Jyothi » ont porté sur la coupe-couture, l’informatique, et le secrétariat. La moitié des élèves étaient pensionnaires. 

En termes de résultats, 45 jeunes filles et jeunes femmes âgées de 18 à 25 ans ont bénéficié d’une formation appropriée. Selon les responsables de cette école, environ 45 % des bénéficiaires se sont établies à leur compte et 40 % ont trouvé un travail chez un employeur privé dans les villes environnantes ou à Bangalore.

3.    Hôpital rural Saint Ignace

L’hôpital Saint Ignace à Honavar existe depuis une quarantaine d’années et dessert une trentaine de villages où les soins de santé ont longtemps été négligés en raison d’un manque de conscience et de moyens. Il fait partie d’un projet socio médical et éducatif plus vaste, comportant une clinique itinérante, une école d’infirmière et un collège. Vétuste, l’hôpital nécessitait la mise en place d’une nouvelle infrastructure destinée à promouvoir la santé notamment des femmes rurales et des jeunes enfants et adolescents. Un appui financier ponctuel a été réalisé en 2010 par la Fondation JFP, portant sur l’un des volets de la construction, à savoir la pédiatrie.

Les infrastructures sont opérationnelles depuis septembre 2012.

En outre, depuis juin 2014, 25 jeunes filles (16 – 25 ans) en décrochage scolaire forcé, issues des milieux ruraux, bénéficient d’une formation professionnelle en soins infirmiers gériatriques et palliatifs dans un nouveau bâtiment dédié à cet effet.

4.    Ecole « English medium » de Santhpur

Attentives à la requête insistante des parents de cette région défavorisée d’ouvrir une école de type « English medium », offrant de meilleures perspectives d’avenir aux enfants, les sœurs ont démarré ce projet d’éducation en langue anglaise en 2006 par un jardin d’enfants hébergé dans des locaux de leur centre d’artisanat. L’école s’est vite élargie à 5 classes, parmi lesquelles une crèche, deux maternelles et les trois premières classes de primaire. Vu le succès de cette école unique dans la région et confrontées à la nécessité d’ouvrir de nouvelles classes pour compléter le cycle d’études primaires, les religieuses ont décidé d’acquérir un terrain et de construire un nouveau bâtiment.

L’intervention de la Fondation JFP, étalée sur six ans (2012 à 2017), consiste en une participation financière - à raison d’environ 30 % du montant global - de la construction de la nouvelle école.

A terme, le projet concernera 500 enfants de 3 à 15 ans, y compris une soixantaine  d’enfants handicapés.

 

Partenaires

Enfance Tiers Monde, ONG belge, est le partenaire direct (intermédiaire) de la plupart des projets soutenus par la Fondation JFP.

Sur le terrain, les projets sont développés par la Congregatio Missionalis Sororum Reginae Apostolorum (SRA Sisters), congrégation fondée à Vienne en 1923. Leurs interventions se développent en faveur des femmes et des personnes vulnérables, marginalisées afin de renforcer leurs capacités.

L’école primaire Deepalaya située à Santhpur (ville de Bidar), est un rêve devenu réalité pour les enfants pauvres du village. Ils peuvent à présent bénéficier d’un enseignement de qualité, ainsi que de toutes les activités extrascolaires, pour leur permettre de développer leur personnalité. Cette école est devenue une réalité grâce à la générosité de la Fondation Jean-François Peterbroeck. Nous lui sommes très reconnaissants de nous avoir aidés et encouragés pour la construction d’une école dans un lieu très isolé, un lieu de mission.

Krishna

Krishna Prabhu est un élève de 3e année. Il est d’origine typiquement villageoise.

Directrice: Parle-moi de ta famille.

Élève Krishna Prabhu:

Mes parents travaillent pour un salaire journalier dans les champs. Nous n'avons pas de champs à nous. Nous sommes une grande famille. Notre vie est simple. Nous allons chercher du bois et de l’eau dans des lieux éloignés. Nous nous nourrissons de légumes et de rôti (galettes).

Directrice: De quelle manière l’école primaire Deepalaya t’a-t-elle aidé

Élève Krishna: Ma sœur et moi nous rendons à l’école Deepalaya remplis d’espoir. Malgré leurs conditions de vie difficiles, mes parents souhaitent que nous fassions des études dans la meilleure école. Voilà pourquoi nous sommes là!

L’école Deepalaya m’a changé de différentes manières. Je sais mieux lire et écrire. Je chante, je fais du sport. Je range mes affaires. Je veille à ma propreté. Mes professeurs sont très gentils et je les aime beaucoup. Avant, j’étais timide et ne participais pas aux activités scolaires. Maintenant, je participe à tout. Je me suis amélioré en anglais. Mes professeurs m’ont beaucoup aidé. Ce type d’opportunité est très rare dans une école de village. Nous avons donc beaucoup de chance. J’aime mon école et je promets de beaucoup étudier pour que mes parents et mes professeurs soient contents.

Sahana

Sahana Chandrashekar fait des études à l'Upper Kindergarten (UKG). Elle vient d’un village de l’intérieur du pays et fréquente régulièrement l’école. Elle a une bonne mémoire, elle lit et écrit de bon cœur. Elle aime les mathématiques, et c'est une enfant pleine de vie.

Directrice: Sahana, peux-tu nous parler de ta famille

Élève Sahana C.: Mes parents travaillent dans les champs. Ils ne savent ni lire ni écrire. Ils ont d’abord voulu que je me joigne à eux pour travailler, mais ils ont ensuite changé d’avis et m’ont envoyée à l’école. J’ai de la chance.

Directrice: Aimes-tu étudier ici?

Élève: Oui. Mes professeurs sont gentils et je les aime bien. Mes amis s’appellent Sanjana, Kavya et Rakhi. Je suis contente d’étudier ici.

Nagesh

Nagesh est un jeune garçon simple originaire du village de Chetnal. Il a 7 ans. Il est très gentil et apprend avec grand intérêt.

M. Joel: Nagesh, peux-tu me dire de quelle manière cette école t’a aidé?

Nagesh: Je suis en première année et j’aime bien l’école. Mes professeurs enseignent bien. Nous pouvons travailler sur des ordinateurs. Nous faisons du sport et des jeux. Mes professeurs m’apprennent à être gentil et serviable.

M. Joel: Comment commence ta journée à la maison?

Nagesh: Nous nous levons tôt le matin. Mon père ramasse de l’herbe pour les vaches et Maman prépare les rôtis pour le petit-déjeuner. Je vais chercher de l’eau potable. Mes parents partent pour les champs. J’attends le bus scolaire qui me conduit à l’école. Ma classe est très animée. Pour le déjeuner, je mange des rôtis que ma mère prépare pour le petit-déjeuner. Après l’école, je rentre à la maison. Je raconte à mes parents ce que j’ai appris. Je leur dis qu’il faut boire de l’eau bouillie, nous nettoyer et rester propres et nets. Ils sont ravis. Je suis content de porter ma première paire de chaussures avec des chaussettes et un uniforme et d’aller à l’école. L’école Deepalaya est la meilleure école!

Monica

Monica Mahadev est une élève de 3e année. Elle fait de gros efforts dans ses études et pose des questions à ses professeurs dès qu’elle a un doute. Elle discute avec ses amis et ses camarades de classe de ce qu’elle a appris. Elle aime l’anglais et essaie de le parler.

Directrice: Monica, peux-tu me raconter ce que l'école Deepalaya représente pour toi?

Monica: Je suis heureuse d'être une élève de l’école Deepalaya car tous les professeurs sont gentils et enseignent bien. Mes notes s’améliorent grâce aux efforts supplémentaires qu’ils font pour me donner un bon enseignement.

Directrice: À quelles activités extrascolaires as-tu participé cette année?

Monica: j'ai fait partie du club nature et j'ai pratiqué des sports. Nos professeurs nous apprennent à nous garder propres nous-mêmes, ainsi que nos maisons et nos villages. À la maison, je dis à mes parents et à mes amis du village de ne pas utiliser de sacs en plastique pour que notre environnement reste propre. Grâce au club nature, tous les étudiants ont planté de jeunes arbres avec leurs professeurs. L’école Deepalaya n’est pas comme les autres écoles. Mon école est très spéciale pour moi.

Akshatha

Akshatha Ravi vient du village de Lingdalli. Elle est en deuxième année. Elle est gentille et a très envie d’apprendre.

Directrice: Akshatha, de quelle manière l’école Deepalaya t’aide-t-elle?

Akshatha: Je suis en deuxième année et je suis contente de venir à cette école. J’apprends tout en anglais, ce qui est une chance inouïe dans mon village. J’essaie d’apprendre quelques mots à mes parents et nous rions beaucoup lorsqu’ils essaient de répéter ce que je dis.

Directrice: Quelles bonnes valeurs as-tu apprises à l'école Deepalaya?

Akshatha: J'ai appris à ranger mes affaires, à respecter mes professeurs et les personnes âgées, à avoir bon caractère et être serviable. Mon institutrice m’a appris à dire bonjour, merci, pardon, s’il vous plaît, puis-je vous aider? J’aime mes professeurs et mes aînés. Mes parents souhaitaient que je fasse mes études ici et je remercie de tout cœur l'école Deepalaya de faire de moi une bonne élève serviable. J’adore mon école et j’en suis fière.