"Haïti Kanpe" / Sœurs Salésiennes et asbl « Mains ouvertes »

Haïti
2011 - 2015
Education
Centres éducatifs et de formation techniques pour enfants et jeunes issus de milieux très pauvres, dont les difficultés (financières, familiales, …) ont été exacerbées par le séisme de 2010

Project Content and comments

Description

Le projet Ayiti Kanpe (signifiant « Haïti debout » en créole) est mis en oeuvre par l’ONG belge ACTEC, avec l’appui financier notamment de la FJFP et de la Coopération Belge. La FJFP apporte à ACTEC une partie des fonds privés, qui sont multipliés par le cofinancement du gouvernement. En matière d’investissement, l’apport de la Fondation se concentre sur la reconstruction du complexe éducatif « La Saline », géré par les sœurs Salésiennes, et la réhabilitation de 2 centres éducatifs et techniques des « Mains ouvertes », ainsi que sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement de 5 écoles, par la formation de formateurs. Ces écoles ont été parmi les premières du pays à rouvrir leurs portes après le séisme du 12 janvier 2010. Dès ce moment, la FJFP est intervenue, dans un contexte d’urgence, aggravé par la saison des pluies, pour financer l’aménagement de hangars destinés à l’accueil provisoire des élèves dans l’attente de travaux durables de réhabilitation des infrastructures scolaires.

Un nouveau projet, Ayiti Kanpe II, a débuté en 2014. Son objecif est davantage centré sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement professionnel, dans un objectif d’insertion professionnelle des jeunes haïtiens : construction d’une nouvelle école technique supérieure à Hinche (haute couture, informatique, cuisine-pâtisserie), développement de l’école hôtelière « La Saline », formation de formateurs, développement d’une filière de formation au photovoltaïque.

Contexte

L’Unicef estime que 75 % des écoles de la capitale ont été détruites ou endommagées par le séisme de 2010 ; il aurait ainsi eu des conséquences sur 1.26 millions d’enfants dont 700.000. en âge scolaire !

Certains enfants ont dû quitter leur quartier pour suivre leurs parents dans les campagnes où ils se sont trouvés désemparés et dans le dénuement le plus complet. 

Les écoles situées à Port-au-Prince (Fontamara, « La Saline ») et aux Cayes (La Savane, Deux Mapoux et Dory) ont été détériorées par le séisme ; elles ont dû faire face à l’afflux massif de nouveaux élèves rendant nécessaire la construction de locaux provisoires, la réhabilitation et l’agrandissement des bâtiments initiaux. Bien que n’étant pas une ONG intervenant dans l’urgence, ACTEC, avec l’aide de la FJFP, a réagi rapidement pour permettre à ses partenaires haïtiens un retour rapide à la normale, afin d’assurer le bien-être des 6.100 enfants fréquentant habituellement les cinq écoles. L’intervention d’urgence de 2010 a été suivie d’un projet pluriannuel de reconstruction, de réhabilitation et de renforcement de capacités. 

Durée & Localisation

Le projet a fait l’objet d’un premier financement étalé sur trois ans (2011 à 2013) et d’un second, débuté en 2014 pour trois nouvelles années (2014-2016). La contribution de la FJFP permet, dans le cadre du cofinancement du gouvernement belge, de multiplier par 5 l’impact de ses apports.

Le projet concerne les écoles salésiennes de « La Saline », se trouvant à Port-au-Prince, et une nouvelle école professionnelle supérieure à Hinche.

Quatre écoles du réseau « Mains Ouvertes » sont également bénéficiaires du projet : Fontamara à Port-au-Prince, « Deux Mapous » et « La Savane » dans la ville des Cayes, et l’école de Dory, en zone rurale.

Bénéficiaires

Les cinq centres éducatifs et de formation techniques sont fréquentés par des enfants et des jeunes issus de milieux très pauvres (et dont les parents sont incapables de payer la totalité des frais d’inscription à l’enseignement public). Il s’agit d’un public vulnérable, dont les difficultés, financières, familiales et autres, ont été exacerbées par le séisme.

Réalisations et résultats

L’intervention d’urgence de 2010 a permis de relancer rapidement l’année scolaire, brusquement interrompue par le séisme, grâce à l’aménagement de locaux provisoires pour l’accueil des élèves de l’école de Fontamara et « La Saline » à Port-au-Prince, et aux réparations des dégâts dans les autres. 

S’agissant du projet 2011-2013, les principaux résultats atteints sont :

1) la reconstruction du complexe éducatif « La Saline » à Port-au-Prince ;

2) la réhabilitation des bâtiments de 2 centres éducatifs et techniques de Fontamara et « Deux Mapoux » ;

3) la réactivation de l’enseignement et de la formation technique, bénéficiant à 6.100 jeunes ;

4) l’amélioration de la qualité de l’enseignement grâce à la formation de formateurs ;

5) la mise sur pied d’une structure de coordination (bureau de développement) par les Soeurs Salésiennes.

La part de financement de la FJFP a été plus spécifiquement consacrée à la construction de classes et d’ateliers professionnels (cuisine, couture, plomberie, etc.) à l’école de La Saline, ainsi qu’à la construction d’un nouveau bloc sanitaire et à la réfection des toitures à l’école de Fontamara.

Partenaires

Le partenaire direct de la Fondation JFP est l’ONG belge de développement ACTEC « Association for Cultural, technical and Educational Cooperation », créée en 1982 dans le but de soutenir des projets de formation professionnelle en faveur des personnes pauvres et marginalisées dans les pays en développement.

Le projet vient en outre en appui à des structures de formations dirigées, sur le terrain, par deux structures locales : l’ASBL Les Mains ouvertes et Les Filles de Marie Auxiliatrice (Soeurs Salésiennes de Don Bosco).

Témoignage de Kettia, institutrice

Mon nom est Kettia ; j’ai 27 ans.  Je suis institutrice au sein de l’école Marie Auxiliatrice en Haïti et j’enseigne en première année B. Les anciennes bâtisses de l’école Marie Auxiliatrice m’ont vu grandir ; en effet toute petite j’avais eu la chance d’être instruite au collège des Sœurs. Après le séisme du 12 janvier 2010, j’avais de la nostalgie en voyant l’école effondrée. Mais aujourd’hui, je n’ai pas les mots adéquats pour expliquer ma joie pour la reconstruction des murs qui contribuent à la formation dans l’esprit du système préventif de Don Bosco. Je suis très enchantée d’évoluer et de travailler dans cette nouvelle et belle école. L’ambiance est agréable pour les enfants ainsi que pour moi. J’enseigne avec plus d’aisance, je me sens tellement bien que j’oublie déjà le climat infernal qui prévalait sous les tentes l’année dernière.

Témoignage de Dayana, élève de 14 ans, en 9ème année

Je réponds au nom de Dayana ; j’ai 14 âgée de 14 ans, et je fais la 9ème année à l’école Marie Auxiliatrice en Haïti. L’année dernière nous étions dans une situation assez critique, dans des hangars, il nous manquait d’air frais, d’espace et les études n’étaient pas vraiment assurées  tant qu’il y avait du vacarme mais on a su faire avec parce qu’on fixait la réussite. Et cette année ! Oh doux Jésus ! Vous savez ? En ce moment même où je vous parle, je ressens une joie immense qui déferle en mon cœur de voir que je suis élève à une école dont j’aime la philosophie. Et les hangars de l’année dernière sont devenus cette année des salles de classes très confortables, attrayantes et aérées, une cour de récréation très spacieuse. Nous travaillons dans le calme tout en ayant en nous une joie débordante. J’ose vous faire part de nos plus sincères remerciements pour tous vos efforts.

Témoignage de Tonino, 27 ans, étudiant à l’EHMA

 

Trop souvent dans notre pays, quand on est amené à parler de quelqu’un ou de quelque chose, on ne trouve que les mots qui dérangent et c’est regrettable. Toutefois, même dans les ténèbres les plus substantielles, on peut arriver à percevoir une étincelle au loin. Aujourd’hui, j’ai l’heureuse opportunité de parler de cette étincelle, mon école l’EHMA (Ecole Hôtelière Marie Auxiliatrice). Cela ne revient pas à inventer des mots flatteurs mais à peindre fidèlement cette institution qui transpire de toutes les belles qualités : espace aéré et attrayant facilitant l’apprentissage, construction parasismique inspirant confiance et plus qu’essentielle pour la quiétude de toute personne évoluant dans l’enceinte du bâtiment, staff directorial sérieux et avisé, professeurs très qualifiés, irréprochables même et surtout (ce qui manque à tous les niveaux et secteurs d’enseignement en Haïti), des matériels de travail.  Ici, à l’EHMA, que je rebaptiserais « Une sincère Expression Humanitaire pour le Monde et pour nous autres, Apprenants », on n’en est pas dépourvu, on a même le sentiment d’être sur le terrain professant déjà le métier. J’ai eu  par le passé tellement de promesses de formation de qualité qui, par la suite, se sont avérés fausses, qu’à présent j’éprouve la joie d’un enfant de faire partie de cette belle famille consciencieuse et portée sur les bonnes choses.

Je ne puis que remercier Dieu et ceux qui ont réalisé cette noble institution qu’est l’EHMA dont je suis un heureux bénéficiaire. Un Merci particulier aux partenaires belges qui font de la formation professionnelle pour les jeunes leur cheval de bataille.

Témoignage de Sophonie, 22 ans, étudiante à l’EHMA

 

Je m’appelle Sophonie.  Depuis le 15 octobre 2012, je suis étudiante à l’Ecole Hôtelière Marie Auxiliatrice (EHMA). L’EHMA est venu combler un vide qui existait depuis belle lurette dans la formation professionnelle qualifiée en hôtellerie et je rends gloire à Dieu pour ce cadeau offert aux jeunes intéressés dans ce domaine en Haïti. Pas besoin d’aller bien loin pour voir la différence avec les autres : le cadre de travail, la présentation, la tenue, le langage, tout ceci contribue à faire de l’EHMA une référence sûre. L’école offre des cours à trois niveaux : Bar-Restaurant, Hébergement, Cuisine-Pâtisserie. Je suis actuellement en Bar-Restaurant. J’ai déjà appris comment servir, mettre le couvert, mélanger les boissons pour les cocktails, différencier les mets et faire un menu. Comme on le dit souvent, le but de l’éducation est de transformer ; eh bien, l’EHMA commence à me transformer, car je n’étudie pas seulement pour avoir de bonnes notes, mais ces connaissances me sont d’une très grande utilité dans la vie de tous les jours. Je profite de l’occasion pour remercier mes professeurs qui sont d’une très grande rigueur. Je remercie tous ceux-là qui, de loin ou de près, ont  fait de l’EHMA ce qu’elle est aujourd’hui. Toutefois, nous ne devons pas nous arrêter en chemin ; continuons à marcher sur la route du succès, tout en nous rappelant « qu’il n’est pas de succès qui se mérite s’il n’est construit sur l’excellence ». Puisse Dieu donner longue vie à EHMA.