Aide à la scolarité d’enfants réfugiés irakiens et syriens / CNEWA-PM

Jordanie
2011 - 2015
Droits de l'enfant, Education, Santé
Scolarisation d’enfants et adolescents réfugiés, en situation d'extrême pauvreté

Project Content and comments

Description

Cette action consiste à soutenir la scolarisation d’enfants & adolescents chrétiens réfugiés en Jordanie, dont les familles ont fui l’Irak et la Syrie en raison de la guerre. Elle est menée à Amman par une sœur franciscaine dans le cadre de la Catholic Near east Welfare Association - Pontifical Mission (CNEWA-PM).

 

Contexte

La situation de ces familles est extrêmement précaire, leurs conditions de vie particulièrement difficiles. Les parents reçoivent un permis séjour, à renouveler chaque année, dans l’attente d’un exil accordé par les Nations Unies vers d’autres destinations. Pour cette raison, les parents ne reçoivent pas de permis de travail. Ils sont aussi assimilés aux occidentaux (américains notamment) en raison de leurs croyances. Depuis 2007, les enfants peuvent intégrer les écoles jordaniennes mais sont stigmatisés par leur passé et différents à cause de leur dialecte, coutumes, etc. ; ils n'arrivent pas à s'intégrer et sont encore plus traumatisés. Leur grand nombre crée en outre un malaise. Pour ces raisons, il a fallu sortir ces enfants des écoles jordaniennes afin de les intégrer dans d’autres écoles à caractère multiconfessionnel, non soutenues par l’Etat et de ce fait rencontrant de grosses difficultés de fonctionnement.

Depuis 2012, des enfants en provenance de Syrie (familles réfugiés en raison de la guerre civile) viennent s’ajouter aux enfants d’origine irakienne.

 

Durée & Localisation

Le projet se développe à Amman et fait l’objet d’un financement depuis 2011.

En outre, en septembre 2014, au vu de l’évolution dramatique de la situation des Chrétiens irakiens  et syriens dans la région, et de l’afflux massif de réfugiés en Jordanie, le CNEWA-PM a lancé un appel à l’aide d’urgence auquel la Fondation JFP a répondu. Cet appui supplémentaire a pour objetif 1) de couvrir un programme d’appui psychosocial en faveur de ces familles réfugiées et 2) de couvrir, en partie, les coûts liés à l’accueil de celles-ci en Jordanie.

 

Réalisations et résultats

Dans un premier temps, les religieuses visitent les familles émigrées et se mettent à leur écoute. Considérant l’extrême dénuement de ces familles, elles répondent à des besoins essentiels d’équipements (matelas, médicaments, etc.) et elles examinent ensuite les besoins en termes de scolarisation des enfants. L’appui fourni par la Fondation JFP pour la scolarisation des enfants s’inscrit en complément aux contributions, variables, des parents. L’argent est versé directement aux écoles dans lesquelles sont inscrits les enfants. A noter que la scolarisation de ces enfants intègre des cours de langue anglaise (dans la perspective d’une émigration dans un pays anglophone) et d’informatique afin de les aider à s’intégrer plus rapidement. En outre, la plupart de ces écoles multiconfessionnelles apportent un appui psychosocial à ces enfants déplacés et traumatisés par la guerre.

Ainsi, une centaine d’enfants bénéficient annuellement de soutien à la scolarisation.

 

Partenaire

Le partenaire de la Fondation JFP pour ce projet est la Catholic Near east Welfare Association - Pontifical Mission. Créée en 1949, la Mission Pontificale faisait suite à la guerre Israelo-Arabe. Sa pincipale mission est de coordonner l’ensemble de l’aide en provenance des institutions catholiques en faveur de sa région d’intervention. L’un de ses axes d’intervention est l’apport d’une assistance humanitaire dans des situations d’urgence, dont, par exemple, celle qui prévaut actuellement en Syrie et en Irak et qui entraîne un déplacement massif de réfugiés chrétiens en Jordanie.

La responsable du projet décrit la situation de trois familles réfugiées à Aman, provenant de Bagdad, qui, toutes trois, ont dû fuir victimes de pression et de violences …

Famille de Georges et Airine, et leurs deux enfants

Mr Georges et Mme Airine et leurs deux enfants - Rabel qui a 13 ans et Benel 10 ans - sont une famille irakienne de Bagdad. Ils sont venus en Jordanie après avoir reçu plusieurs menaces. La première était en 2006. Quelques jours après, ils ont quitté leur maison pour fuir dans une autre région. Cette situation était très difficile pour eux, ils n’ont pas pu rester longtemps. Ils ont décidé de retourner à leur maison à Bagdad mais leur vie est devenue comme en prison. Le 16 août 2011, ils ont reçu la deuxième menace qui les a mis entre deux choix : quitter leur maison ou être tués. De nouveau le danger et la peur entourent la famille. Ils n’ont pas trouvé d’autre solution que de quitter leur pays obligatoirement. En Jordanie la famille n’a reçu, jusqu'à présent aucune aide des Nations Unies. Ils comptent sur de petits revenus en provenance de Bagdad, en l’occurrence le loyer de leur maison. Quant  à leurs enfants depuis leur arrivée ils ont été inscrits dans une école de l’Etat. Là-bas ils étaient mal traités et obligés de suivre les cours du Coran. Grâce à votre aide les enfants sont maintenant dans une école multiconfessionnelle. La famille est très reconnaissante. De plus le niveau général des études est meilleur dans cette école. S’ils devaient ne plus recevoir d’aide de votre part pour la scolarité de leurs fils, ils préfèreraient les garder à la maison non scolarisés plutôt que de les exposer.  

Famille de Mouayad et Salma, et leurs quatre enfants

Une autre famille vient aussi de Bagdad. Le père Mouayad, sa femme Salma et 4 enfants : Rand 22 ans, Wissam 13 ans et jumeaux  Fadi et Firas 12 ans. A Bagdad, le père tenait un petit magasin où il a été menacé plusieurs fois par des personnes armées. Ils ont voulu s’accaparer du magasin mais le père s’est défendu. A la fin ces personnes sont allées à l’école pour enlever ses 3 enfants. La famille a alors décidé de se réfugier en Jordanie fin 2011 7. Cet événement a rendu le père malade psychiquement et physiquement jusqu’à maintenant. En Jordanie, il a commencé à se soigner mais il n’a plus de moyens pour continuer. Le coût de la vie est élevé et la famille n’a pas de ressources régulières. Leurs enfants, placés dans une école de l’Etat, ont été battus par l’instituteur et par leurs condisciples musulmans ;  ils ont été victimes de violences physiques et de fortes pressions morales de la part d’autres élèves. Grâce à votre aide, dans leur nouvelle école, ils ont très bonne notes ; ils sont parmi les premiers dans leur classe. La famille vous est très reconnaissante et souhaite que les enfants puissent continuer leurs études dans cette ambiance.

Famille de Basmal et Iman, et leurs deux enfants 

Cette famille est arrivée à Amman fin août 2012, en provenance de Bagdad : le père Basmal, sa femme Iman et 2 enfants Rafel - 14 ans et Wael - 11 ans. A Bagdad les enfants étaient dans une école de l’Etat. Leurs condisciples leur demandaient pourquoi, étant chrétiens, ils restaient en Irak. Une nuit, chez eux à Bagdad, un groupe de personnes armées a frappé violemment à la porte. Le père en ouvrant la porte a reçu un coup et on lui a cassé les dents. Sa femme s’est évanouie et les enfants se sont cachés à la toilette. Les bandits ont dévasté leur maison et sont partis. La famille s’est alors enfuie en Jordanie. Cet incident a laissé des séquelles chez les enfants, surtout le plus jeune ; il a un comportement angoissé. La mère a supplié la directrice de l’école de l’église grecque d’accepter ses enfants. Après plusieurs démarches, elle l’a obtenu mais seulement pour un semestre, la famille n’étant pas en mesure de payer la scolarité. Ils vivent grâce à l’argent de la vente de leur voiture. En Jordanie les Irakiens n’ont pas de droit de travailler. La famille espère que, grâce à l’aide reçue, leurs enfants pourront poursuivre leur scolarité dans cette école où ils se sentent en sécurité et à l’aise.

Quelles perspectives ?

La responsable du projet poursuit :

« Je pourrais encore longtemps continuer à vous raconter des situations similaires ».

« Toutes ces familles, qui ont eu la chance de mettre leurs enfants dans des écoles multiconfessionnelles, sont à la fois heureuses et inquiètes pour l’avenir compte tenu de leurs maigres ressources pour faire face aux frais scolaires. Il y a aussi malheureusement beaucoup d’enfants, surtout dans des familles nouvellement arrivées, qui restent à la maison. Leurs parents n’ont pas d’argent pour leur payer la scolarité ».