Aide à la scolarité d’enfants réfugiés irakiens et syriens / CNEWA-PM

Scolarisation d’enfants et adolescents réfugiés, en situation d'extrême pauvreté

htg

Témoignages

La responsable du projet décrit la situation de trois familles réfugiées à Aman, provenant de Bagdad, qui, toutes trois, ont dû fuir victimes de pression et de violences …

Famille de Georges et Airine, et leurs deux enfants

Mr Georges et Mme Airine et leurs deux enfants - Rabel qui a 13 ans et Benel 10 ans - sont une famille irakienne de Bagdad. Ils sont venus en Jordanie après avoir reçu plusieurs menaces. La première était en 2006. Quelques jours après, ils ont quitté leur maison pour fuir dans une autre région. Cette situation était très difficile pour eux, ils n’ont pas pu rester longtemps. Ils ont décidé de retourner à leur maison à Bagdad mais leur vie est devenue comme en prison. Le 16 août 2011, ils ont reçu la deuxième menace qui les a mis entre deux choix : quitter leur maison ou être tués. De nouveau le danger et la peur entourent la famille. Ils n’ont pas trouvé d’autre solution que de quitter leur pays obligatoirement. En Jordanie la famille n’a reçu, jusqu'à présent aucune aide des Nations Unies. Ils comptent sur de petits revenus en provenance de Bagdad, en l’occurrence le loyer de leur maison. Quant  à leurs enfants depuis leur arrivée ils ont été inscrits dans une école de l’Etat. Là-bas ils étaient mal traités et obligés de suivre les cours du Coran. Grâce à votre aide les enfants sont maintenant dans une école multiconfessionnelle. La famille est très reconnaissante. De plus le niveau général des études est meilleur dans cette école. S’ils devaient ne plus recevoir d’aide de votre part pour la scolarité de leurs fils, ils préfèreraient les garder à la maison non scolarisés plutôt que de les exposer.  

Famille de Mouayad et Salma, et leurs quatre enfants

Une autre famille vient aussi de Bagdad. Le père Mouayad, sa femme Salma et 4 enfants : Rand 22 ans, Wissam 13 ans et jumeaux  Fadi et Firas 12 ans. A Bagdad, le père tenait un petit magasin où il a été menacé plusieurs fois par des personnes armées. Ils ont voulu s’accaparer du magasin mais le père s’est défendu. A la fin ces personnes sont allées à l’école pour enlever ses 3 enfants. La famille a alors décidé de se réfugier en Jordanie fin 2011 7. Cet événement a rendu le père malade psychiquement et physiquement jusqu’à maintenant. En Jordanie, il a commencé à se soigner mais il n’a plus de moyens pour continuer. Le coût de la vie est élevé et la famille n’a pas de ressources régulières. Leurs enfants, placés dans une école de l’Etat, ont été battus par l’instituteur et par leurs condisciples musulmans ;  ils ont été victimes de violences physiques et de fortes pressions morales de la part d’autres élèves. Grâce à votre aide, dans leur nouvelle école, ils ont très bonne notes ; ils sont parmi les premiers dans leur classe. La famille vous est très reconnaissante et souhaite que les enfants puissent continuer leurs études dans cette ambiance.

Famille de Basmal et Iman, et leurs deux enfants 

Cette famille est arrivée à Amman fin août 2012, en provenance de Bagdad : le père Basmal, sa femme Iman et 2 enfants Rafel - 14 ans et Wael - 11 ans. A Bagdad les enfants étaient dans une école de l’Etat. Leurs condisciples leur demandaient pourquoi, étant chrétiens, ils restaient en Irak. Une nuit, chez eux à Bagdad, un groupe de personnes armées a frappé violemment à la porte. Le père en ouvrant la porte a reçu un coup et on lui a cassé les dents. Sa femme s’est évanouie et les enfants se sont cachés à la toilette. Les bandits ont dévasté leur maison et sont partis. La famille s’est alors enfuie en Jordanie. Cet incident a laissé des séquelles chez les enfants, surtout le plus jeune ; il a un comportement angoissé. La mère a supplié la directrice de l’école de l’église grecque d’accepter ses enfants. Après plusieurs démarches, elle l’a obtenu mais seulement pour un semestre, la famille n’étant pas en mesure de payer la scolarité. Ils vivent grâce à l’argent de la vente de leur voiture. En Jordanie les Irakiens n’ont pas de droit de travailler. La famille espère que, grâce à l’aide reçue, leurs enfants pourront poursuivre leur scolarité dans cette école où ils se sentent en sécurité et à l’aise.

Quelles perspectives ?

La responsable du projet poursuit :

« Je pourrais encore longtemps continuer à vous raconter des situations similaires ».

« Toutes ces familles, qui ont eu la chance de mettre leurs enfants dans des écoles multiconfessionnelles, sont à la fois heureuses et inquiètes pour l’avenir compte tenu de leurs maigres ressources pour faire face aux frais scolaires. Il y a aussi malheureusement beaucoup d’enfants, surtout dans des familles nouvellement arrivées, qui restent à la maison. Leurs parents n’ont pas d’argent pour leur payer la scolarité ».